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29.03.2010

« Le Conseil des Droits de l’Homme doit soutenir le rapport et les recommandations du Rapporteur Spécial sur les Droits de l’Homme en Birmanie ».

Communique - FIDH_BLC_ALTSEAN_ITUC - 23 mars 2010.pdf

12.03.2010

Elections 2010: Aung San Suu Kyi et les prisonniers politiques interdits de participer

9 mars 2010 - Le régime militaire en Birmanie annonce aujourd’hui sa «Loi de la Commission de l’Union électorale» (State Peace and Democracy Council Law No. 1/2010) et sa «loi sur l’enregistrement des partis politiques (State Peace and Democracy Council Law No. 2/2010). Ces lois ont été signées par Than Shwe, et publiées dans le journal d'aujourd'hui.

Une version anglaise de ces lois sera bientôt disponible. En attendant, voici quelques points que nous voudrions mettre en évidence.
 
 (1) Avec la “Union Election Commission Law” (la Commission de l’Union électorale) le régime va bientôt constituer la Commission électorale avec ceux qui ont sa confiance.
Le régime autorise la Commission à convoquer des élections et lui donne le pouvoir de prise de décision finale, concernant le report des élections, le rejet, le suivi, la formation de sous-commissions, la formation des groupes, la compilation de la liste des votants admissibles, en formant des tribunaux pour juger les contentieux électoraux, le financement de sous-commissions, etc.
Le régime autorise également la Commission à gérer, à superviser et à diriger les partis politiques. (Articles 4 et 10).
 
 (2) Avec la “Political Parties Registration Law” (loi sur l'enregistrement des partis politiques), le régime interdit la formation et la participation d'un parti politique à :
-tous les moines, toutes les religieuses et les leaders d'autres religions,
-tout le personnel gouvernemental,
-tous les prisonniers politiques et les prisonniers,
-tous les étrangers,
-tous  les membres de et ceux liés à des associations illégales et les groupes d'insurgés (Articles 4 et 10).

L'Article 6 de la loi prévoit que les partis politiques sont tenus de présenter un engagement par écrit dans la demande à la Commission, en précisant qu'ils respecteront et protégeront la Constitution de 2008.
L'Article 12 prévoit que tout parti qui n'est pas en mesure d'aligner au moins trois candidats à l'élection, n'est pas autorisé à continuer d'exister. L'Article 12 stipule également que le parti qui ne rejette pas ses membres (ceux qui ne sont pas éligibles pour être membres du parti tels que décrit dans l'Article 10) ne devrait pas être autorisé à exister.

L'Article 25 précise que les partis politiques existants, tels que la National League for Democracy (NLD), sont tenus de présenter une demande à la Commission s’ils veulent continuer d'exister, dans les 60 jours suivant la date de l'annonce de la loi. La Commission décidera si elle le leur permet ou non, conformément à la loi.

S'il n'y a pas de demande dans les 60 jours venant d'un parti politique existant, il sera considéré que ce parti est déjà automatiquement supprimé. Selon cet Article 25, la LND a 60 jours pour décider si elle soumettra une demande à la Commission pour sa pérennité, et ceci à partir du 9 mars 2010. La Commission acceptera ou rejettera sa demande. Comme d'autres, pour l'enregistrement de nouveaux partis, la LND a aussi besoin de prendre un engagement par écrit, précisant qu'elle respectera et protégera la Constitution de 2008. Si la NLD décide de se ré-enregistrer à la Commission, il sera demandé, par la Commission, d’exclure Daw Aung San Suu Kyi et d'autres dirigeants et membres qui sont dans les prisons, conformément aux Articles 4 et 10. Même ainsi, la LND ne sera autorisée à exister que si elle présente au moins 3 candidats à l’élection.

14.02.2010

LAST MONTH IN BURMA -LE MOIS DERNIER EN BIRMANIE - Infos en provenance et au sujet de la Birmanie

Pour vous abonner à “Last Month in Burma” ( en anglais ) , il vous suffit d’envoyer un e-mail  vierge à : lastmonthsubscribe@lists.burmacampaign.org.uk

 

2 000 villageois Karen fuient les attaques de l’armée birmane

 

Plus de 2000 villageois Karen ont été forcés de fuir leurs foyers à la suite d’attaques commises par l’armée birmane, selon les Free Burma Rangers (FBR – patrouilleurs birmans libres), une organisation d’aide qui travaille dans les zones de conflit à l’Est de la Birmanie. Au moins quatre villageois ont été tués par balle et un corps a été retrouvé décapité. Les rapports des FBR signalent que ces récentes attaques ont commencé lorsque deux villageois furent tués par balle et 10 maisons brûlées dans le village de Keh Der,  le 17 janvier, dans le secteur de Ler Doh.

Malgré les milliers de personnes déplacées dans l’Est de la Birmanie au cours du mois de janvier, le gouvernement thaïlandais semble planifier un retour forcé de 3 000 réfugiés Karen qui avaient fui vers la Thaïlande en juin 2009 pour échapper aux combats. En étant obligés de rentrer en Birmanie, les réfugiés risquent la mort, l’esclavage ou l’enrôlement forcé dans l’armée birmane. La zone de l’état Karen où les réfugiés seraient renvoyés foisonne de terrains minés. En outre, le secteur est dorénavant sous le contrôle de la DKBA, une organisation liée à la dictature militaire, qui est coupable d’atroces violations des droits de l’homme contre des civils.

 

 

On ne peut danser seul : Les USA en Birmanie

 

Kurt Campbell, un haut diplomate américain qui s’est rendu en Birmanie en novembre, a exprimé sa frustration face au manque de réponse des dirigeants birmans à la suite des récents efforts diplomatiques initiés.

En s’adressant au Congrès le 21 janvier, M. Campbell a dit : “Nous tentons de faire ce premier pas...mais j’insiste pour souligner que l’on ne peut pas danser seul sur la piste de danse”.

Campbell a également annoncé que l’administration américaine a formellement revu sa politique vis à vis de la Birmanie et réaffirmé ses objectifs fondamentaux : un gouvernement démocratique respectant les droits de son peuple et en paix avec ses voisins.

“Une politique d’engagement pragmatique avec les autorités birmanes permet tous les espoirs de progressions vers nos objectifs. Avec cette approche, les sanctions américaines resteront en place jusqu’à ce que les autorités birmanes démontrent qu’elles sont prêtes à faire des progrès réels concernant les principales inquiétudes des USA” a-t-il déclaré. “Les dirigeants de l’opposition démocratique birmane nous ont confirmé leur soutien dans cette approche.”

 

 

Than Shwe promet des ‘Elections’ cette année

 

 

Le 4 janvier, dans son message du Jour de l’Indépendance, le dirigeant du régime Than Shwe a réitéré que des élections auraient lieu cette année et a prévenu les électeurs « de faire les bons choix » et de « rester vigilants […] contre les dangers présentés par les néocolonialistes ». Cependant, aucune date spécifique n’a été donnée pour ces élections.

Le mouvement birman pour la démocratie et les groupes ethniques ont quant à eux rejeté en bloc les élections et la nouvelle constitution dans leur forme actuelle.

 

La Junte brade les propriétés de l’État

 

Le régime a annoncé qu’il allait vendre plus de 100 bâtiments et usines appartenant à l’État, dans le cadre de la toute dernière vague de privatisations. Cependant, il est probable que les principaux bénéficiaires soient les familles et acolytes commerciaux du régime, qui peuvent acquérir des propriétés à prix cassés.

“Leurs antécédents [ceux de la Junte] ne sont pas bons. De nombreuses entreprises autrefois publiques sont simplement devenues des monopoles privés,” a déclaré Sean Turnell, un économiste de l’université australienne Macquarie. « Le plus grand danger lorsque l’État vend ses actifs réside dans le fait qu’ils peuvent être vendus pour des prix ridiculement bas à leurs acolytes. Ce danger est très patent en Birmanie, » a-t-il dit.

L’un des plus grands acheteurs de propriétés de l’État l’an dernier était Tay Za, un acolyte connu de la Junte birmane qui a été ciblé par des sanctions internationales. En décembre, il a également remporté un contrat majeur de construction de deux barrages pour des centrales d’énergie hydraulique.

Certains observateurs pensent que le régime essaye d’assurer la protection des intérêts économiques durant la période précédant les élections grâce à des accords plaçant la direction des industries-clés dans les mains de leurs fidèles acolytes commerciaux. Ces politiques économiques sont conçues pour permettre au régime de conserver le contrôle de la plupart des richesses et des ressources du pays.

La Birmanie a été classée cinquième pire pays du monde et deuxième d’Asie lors d’un sondage mondial sur la liberté économique. L’ “Indice 2010 de la liberté économique”, publié par la Heritage Foundation et le Wall Street Journal en janvier, a découvert que les libertés d’investissements et de commerce en Birmanie sont « extraordinairement faibles », en raison de la corruption, de la mauvaise gestion financière et de l’interférence répressive du régime.

 

La résurgence de la culture de l’opium sous le contrôle de la Junte en Birmanie

 

Un nouveau rapport, ‘Poisoned Hills’ (les collines empoisonnées) publié par la Palaung Women’s Organization, révèle que la culture de l’opium dans l’état Shan, au nord du pays, a augmenté fortement au cours des trois dernières années dans des secteurs contrôlés par le gouvernement militaire en place.

Le rapport signale que les secteurs de culture d’opium ont été jusqu’à quintupler dans les townships de Mantong et de Namkham entre 2006 et 2009 pour atteindre 4 500 hectares. Ceci est beaucoup plus élevé que les estimations des études annuelles du bureau des narcotiques et des crimes des Nations Unies (United Nations Office of Drugs and Crime).

Il révèle aussi que les autorités locales, les bataillons de l’armée et les milices pro-gouvernementales bénéficient des « taxations » sur les fermiers de l’opium. Les équipes officielles “anti-drogue”, au lieu d’éradiquer les champs de pavot, soutirent des sommes élevées aux fermiers locaux et laissent les plantations intactes.

 

La Birmanie est « la pire des pires » dans l’indice de la liberté

 

La Maison de la Liberté (Freedom House), un organisme  qui surveille les droits démocratiques et politiques dans le monde a classé la Birmanie parmi les “pires des pires” dans son enquête annuelle.

 

L’ILO étend le mécanisme de surveillance du travail forcé

 

Le Bureau International du travail – BIT  (International Labour Organization - ILO) a renouvelé son accord avec le régime pour surveiller les plaintes de travail forcé pendant un an de plus. L’ILO a d’abord signé un accord avec la Birmanie en 2007, mais l’ILO reste frustrée de par le manque de progrès sur le travail forcé en Birmanie.

En novembre, l’ILO a critiqué la Birmanie quant à son échec de l’abolition du travail forcé et à l’emprisonnement des victimes du travail forcé qui se sont plaintes. Ils ont également dit que si la situation n’est pas résolue rapidement, ils « examineraient les implications légales du manquement à se conformer ».

 

Les journalistes reçoivent de longues peines d’emprisonnement

 

Un journaliste travaillant pour le Democratic Voice of Burma ( DVB) , Ngwe Soe Lin, aussi connu sous le nom de Tun Kyaw, a été condamné à 13 ans de prison le 27 janvier. Il avait été arrêté le 26 juin 2009 à Rangoon et accusé sous le coup de l’Acte relatif à l’électronique et l’immigration, qui est souvent utilisé par la Junte pour emprisonner les reporters caméraman

Ngwe Soe Lin jouait un rôle vital en filmant les vies des enfants laissés orphelins par le cyclone Nargis en 2008. Son travail avait été utilisé dans un documentaire “les orphelins du cyclone de Birmanie », passé sur Channel 4 au Royaume Uni et dans plusieurs autres pays. Associé avec un autre journaliste du DVB, Zoro, il a gagné le prix Rory Peck 2009 du meilleur documentaire.

Ngwe Soe Linn est le deuxième journaliste du DVB à être condamné en un moins d’un mois. Le 30 décembre 2009, le journaliste au DVB, Hla Hla Win avait été condamné à 27 ans de prison après avoir été arrêté

Publié par The Burma Campaign UK, 28 Charles Square, London N1 6HT

www.burmacampaign.org.uk tel: 020 7324 4710 fax: +44 20 7324 4717

pour les droits de l’homme, la démocratie et le développement en Birmanie

 

 

Last-Month in Burma-Jan-2010_FRENCH.pdf

05.02.2010

Rapatriement forcé en Birmanie de 3000 Karens réfugiés en Thaïlande

Ce vendredi 5 février, commenceront les retours forcés en Birmanie de près de 3.000 citoyens birmans d’origine karen.
Ces Karens avaient trouvé refuge en Thaïlande en juin 2009 après que leurs villages aient été attaqués par l’armée birmane.


Le gouvernement thaï a officiellement déclaré que ces retours sont volontaires, il apparaît pourtant que les réfugiés sont soumis à une forte pression, tout en étant détenus dans des conditions difficiles dans deux camps temporaires, le long de la frontière birmano-thaïe. Au même moment, près de 2.000 Karens ont été déplacés de leur village d’origine au cours du mois de janvier 2010 suite à une série d’offensives militaires menées par les militaires birmans.
En juin 2009 près de 3.000 citoyens karens ont franchi la frontière birmane et trouvé refuge en Thaïlande après des raids militaires dans le district de Pa’an (Etat Karen) menés conjointement par l’armée birmane et l’armée bouddhiste démocratique karen (DKBA), une milice karen à la solde du régime.

D’un point de vue stratégique, il s’agit pour les généraux birmans d’affaiblir les zones contrôlées par l’Union nationale karen (KNU) mais aussi de prendre le contrôle sur la région frontalière et du lucratif commerce transfrontalier qui s’y déroule, tout en limitant les flux d’information à destination de la Thaïlande , en particulier les informations concernant la situation des droits de l’homme dans l’Est de la Birmanie.

 Ces attaques et les déplacements forcés de population qu’ils ont engendré ont conduit l’Union européenne a émettre un communiqué officiel le 12 juin 2009 et à noter « avec beaucoup de préoccupation l’offensive de plus en plus importante menée par l’armée birmane et ses alliés contre l’armée karen de libération nationale (KNLA), qui a provoqué l’exode vers la Thaïlande d’un grand nombre de civils fuyant le conflit dans l’Etat kayin/karen.[1] »

 Parmi ces 3.000 réfugiés, près de la moitié avait déjà subi un premier déplacement forcé, et vivait dans des camps temporaires sous la protection de la KNU. Lors d’une mission de terrain en janvier 2009, Actions Birmanie avait pu se rendre dans l’un de ces camps, le Ler Per Her camp, où les conversations avec quelques unes de ces personnes déplacées avaient clairement établi les multiples violations dont elles avaient été victimes, et qui avaient causé leur déplacement forcé.

A leur arrivée en Thaïlande, les autorités thaïes n’ont pas autorisé les réfugiés à rejoindre les camps de réfugiés installés le long de la frontière et dans lesquels les réfugiés ont accès à de la nourriture, à l’éducation et à des soins. Ces réfugiés ont été placés dans deux camps temporaires,  Nong Bua et Mae U Su, où les conditions de vie se sont révélées très précaires.

Si la Thaïlande a opté pour une position plutôt clémente à l’égard des réfugiés birmans au cours des vingt dernières années, en autorisant par exemple la création de plusieurs camps de réfugiés sur son territoire, elle n’est pour autant pas signataire de la convention de 1951 sur les réfugiés.

Le 13 janvier 2010 lors d’une réunion officielle à laquelle participaient l’UNHCR (office des nations unies pour les réfugiés), des organisations humanitaires internationales, et des officiels thaïs, les autorités thaïes ont abordé la question des 3.000 réfugiés et du camp temporaire, proposant à ceux qui souhaitent un retour volontaire de les aider à rentrer en Birmanie, et de reloger les autres familles dans le camp de réfugié principal de Mae La[2]. La position des autorités thaïes a depuis évolué vers une solution plus radicale, à savoir le retour progressif en Birmanie de l’ensemble des réfugiés.

D’après les informations dont disposent les organisations birmanes venant en aide aux réfugiés et déplacés birmans, les premiers camions militaires arriveront au camp de Nong Bua le 5 février et emmèneront une première vague de soi-disant ‘volontaires’ jusqu’à la frontière birmane : cela concernerait environ 30 familles[3]. Les déportations devraient continuer durant les dix jours suivants, jusqu’au 15 février[4].

 Cette décision des autorités thaïes intervient au moment même où le régime militaire birman continue de mener une campagne militaire très violente dans les régions de l’Est du pays.

Au cours des dix derniers jours du mois de janvier, une série d’attaques dans les districts de Toungoo, Mutraw, Papun et Nyaunglebin (Etat Karen) a conduit plus de 2.000 civils karens à fuir dans la jungle pour échapper aux attaques militaires et aux autres sévices imposés par l’armée birmane (travail forcé, viol, …).

Le caractère à la fois généralisé et systématique des attaques du régime birman à l’encontre des minorités ethniques est désormais reconnu par plusieurs agences de l’ONU, dont le rapporteur sur les droits de l’homme en Birmanie, et les organisations de défense des droits de l’homme n’hésitent plus à parler de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Dans ces régions, plus de 1 million de personnes ont été déplacées de force et 3.300 villages ont été détruits au cours des quinze dernières années.

Au cours des dix-huit derniers mois (juillet 2008-décembre 2009), les opérations militaires du régime birman ont engendré le déplacement forcé d’au moins 118.800 personnes dans l’Est de la Birmanie[5].

L’augmentation des déplacements forcés est indubitablement lié au calendrier politique et à la tenue d’élections générales en 2010 : imposant la reddition totale à tous les groupes ethniques armés avant la tenue du scrutin, l’armée birmane a en conséquence accentué la pression dans les régions shan, kachin et karen.


[1] Extrait de la déclaration de la Présidence de l’Union européenne – 12 juin 2009

[2] Source: The Burma Campaign UK (BCUK)

[3] Source : Karen Women Organization (KWO)

[4] D’après Surapong Kongchantuk, vice-président du Sous-Comité des Droits de l’Homme pour les minorités ethniques, les apatrides, les migrants et les personnes déplacées du ‘Lawyers Council of Thailand’, cité par le journal The Irrawaddy

[5] Source: Thailand Burma Border Consortium (TBBC), cité par Altsean-Burma.

14.12.2009

Touristes pas dupes! (video)

Prenez juste 5 min. pour visionner ces quelques clichés récents de Birmanie qui reflètent avec talent tout ce contraste entre la beauté d'un pays et la dureté d'un régime.

Voir le montage photos >>