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21.09.2010

Demande de soutien belge et européen à la mise en place d’une commission d’enquete pour crimes de guerre et crimes contre l’humanite en Birmanie

Durant les derniers mois, la question de la mise en place d’une Commission d’enquête onusienne sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par la dictature en Birmanie a gagné en importance.

Cette commission constituerait un pas important dans la lutte contre l’impunité des généraux et militaires qui pour la première fois, pourraient craindre les conséquences de leurs actes..

Aidez-nous à faire pression auprès des ministres Leterme et Vanackere en imprimant la pétition !

Faites-la signer et renvoyez-la nous, nous nous chargerons de faire parvenir vos signatures à nos ministres

 

Petition a imprimer, a faire signer et a nous retourner.pdf
Petition - version en francais.pdf
Petition - version en neerlandais.pdf

08.08.2010

Birmanie - Focus au 33eme Festival de Cinéma de Douarnenez (FR)

 

La Birmanie ? Une junte militaire qui tente de se donner une apparence démocratique en collaborant avec de nombreuses multinationales, pour de sulfureuses raisons. Un pays qui compte plus de cent trente minorités ethniques : chin, kachin, karen, karenni, mon et shan, dont certaines
sont en guerre civile depuis 1948, refusant la birmanisation forcée.
Un pays de violence, où l’espoir est tenace.


Les invités


Aung Ko
, acteur birman du film « Rangoon »,
Aung Kyaw Oo, réfugié birman,
Than Win Htut, membre de Democratic Voice of Burma – Oslo,
Jane Birkin, engagée auprès de Aung San Suu Kyi
Lindsey Merrison, réalisatrice et directrice de Yangon Film School
Frédéric Debomy, président d’Info Birmanie

Les films


« Rangoon »
long métrage de John Boorman, avec Patricia Arquette et Aung Ko
« Les alliés célestes » de Lindsey Merrison
« Les Karens, un génocide à huis clos » d’Alexandre Dereims
« Nos années birmanes » de Lindsey Merrison
« Son pays est une prison » de François Rosolato
« Stories from Myanmar », 5 films courts du Yangon Film School, portraits attachants et regards sur la société birmane d’aujourd’hui.
« Birmanie: résistants, business et secret nucléaire » de Paul Moreira

Les débats et rencontres


Avec des réfugiés birmans et les témoignages de nos invités nous allons essayer de couvrir nombreux sujets sur ce pays qu’on connaît si peu. Nous allons parler de l’histoire, des minorités, de la dictature, du manque de libertés, des réfugiés et des relations avec les pays voisins, la présence de la France en Birmanie, les élections de mois de novembre et bien évidement de Aung Sang Suu Kyi.

mardi 24 août à 18h00
sous chapiteau - Place de la Poste
Birmanie : quelles perspectives de changements ?

mercredi 25 août suite à la projection de 11h00
à la MJC
Autour des minorités en Birmanie

Un hommage à Aung San Suu Kyi
mardi 24 août à 11h00

Accrochage du calicot sur la Mairie de Douarnenez par Philippe Paul, Sénateur-maire, en lien avec les actions de Info Birmanie, suivi du pot de l'amitié avec l'ensemble des invités du festival.

 

 

++ d'infos sur  www.festival-douarnenez.com

 

 

08.08.2010

Analyse du processus électoral - Juin-Juillet 2010

Bien que la campagne électorale n'ait pas officiellement commencé, le parti de l’USDP (Union Solidarity and Development Party) joue déjà un rôle important. Dirigé par des membres du gouvernement actuel, y compris le Premier Ministre Thein Sein, le parti bénéficie de l'appui du mouvement pro-junte USDA (Union Solidarity and Development Association) et de la protection des plus hautes autorités de l'État. L’USDP a démarré très vite une campagne non officielle, recrutant régulièrement des partisans et des observateurs électoraux dans tout le pays et organisant des formations.

Jusqu'à présent, 42 partis ont déposé des demandes d’enregistrement pour participer aux élections et 33 se sont vus accorder une autorisation par la Commission électorale. Tous ces partis sont dans l’attente de l'annonce de la date des élections et ne peuvent démarrer leur campagne, car ils doivent d'abord recruter, dans les 90 jours, au moins 500 membres, pour des scrutins locaux, ou 1.000 membres, s’ils escomptent participer aux élections à l'échelle nationale. Dans le même temps, ils sont aux prises avec des problèmes financiers liés à la taxe d’enregistrement élevée que la loi électorale prévoit, à savoir 500.000 kyats (environ 500$) par candidat. Cette disposition a suscité beaucoup de questions sur la façon dont les partis politiques birmans seraient capables de faire face à cette requête, alors qu’1/3 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

De tous les partis enregistrés, l’USDP est probablement l'un des rares à pouvoir se permettre ces frais.

 
La Commission électorale a publié un premier ensemble de lois concernant la campagne, qui restreint la liberté d'association et de réunion. Il est notamment stipulé que les partis politiques enregistrés doivent obligatoirement demander la permission à la Commission électorale pour tout discours ou rassemblement organisés hors de leur propre bureau. Dans un même temps, le gouvernement a mis en place un nouvel organe de censure, la Division de l’enregistrement et de la vérification de la presse (PSRD), créée afin de renforcer encore un peu plus cette censure.

Than Nyein, porte-parole du parti National Democratic Force (NDF), groupe dissident de la LND, a déclaré que la NDF ne place pas de grands espoirs dans le processus électoral, mais a réaffirmé que la NDF a été créée afin de donner un statut juridique légal au parti.
Les membres dirigeants de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) ont commencé, de façon imprévue, à voyager à travers le pays afin de rendre visite aux familles des prisonniers politiques et aux militants membres du Parti. L’objectif de ce voyage est de discuter des élections à venir et de justifier la décision de la LND de ne pas y participer. Il est également prévu de communiquer sur les concepts de droits individuels, de démocratie, et d’élections libres et équitables. En plus de tous ces échanges, ces voyages seront l’opportunité d'évaluer si les membres de la LND rencontrent des difficultés. En effet, la LND demeure une source d'aide sociale et économique importante pour de nombreuses familles en Birmanie, et ses dirigeants conservent une influence certaine sur le scénario électoral. À l'heure actuelle, la junte a fait le choix de ne pas intimider ou punir les dirigeants de la LND en liberté qui poursuivent leurs activités sociales et politiques, bien que leur parti soit devenu officiellement illégal.

Aung San Suu Kyi a encouragé le parti à travailler activement sur les questions de réconciliation nationale, de droits de l’homme et de démocratie. Elle a récemment demandé à son avocat, Nyan Win, de relayer l’idée que les citoyens ont le droit inaliénable de ne pas voter. Les avocats d’Aung San Suu Kyi ont été par la suite mis en garde par les autorités de ne pas transmettre aux médias les opinions de Suu Kyi sur les prochaines élections.
Des prisonniers politiques ont été questionnés par la « police spéciale » pour donner leur avis sur les élections et leur intention d’être ou non actif politiquement s’ils sont libérés. Ces enquêtes auprès de prisonniers politiques peuvent être liées à la peur du régime de ce que la LND, et les organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme pourraient faire ; mais une autre possibilité est que ces interrogatoires soient utilisés pour déterminer quels prisonniers sont toujours de potentiels « dangereux » activistes, et lesquels pourront être relâchés. En effet, une nouvelle vague de libération de prisonniers est attendue avant la tenue des élections, une tactique classique du régime militaire pour alléger la pression internationale. Ces libérations pourraient se produire en septembre, au moment du débat annuel des Nations unies, et qui pourrait donner lieu à une nouvelle réunion ministérielle du groupe des amis de la Birmanie.

Après la visite du premier ministre chinois à Nay Pyi Daw, la junte a décidé de reporter après les élections la mise en œuvre du plan de gardes frontaliers (BGF), lorsque le nouveau gouvernement sera formé. La junte avait été plus que résolue à transformer l’ensemble des groupes de cessez-le-feu en forces frontalières, et ainsi prendre possession des territoires ‘manquants’, c’est-à-dire les portions du pays sous contrôle de milices et non de l’armée et des autorités nationales. Néanmoins, les groupes de cessez-le-feu continuent de garder non seulement le contrôle tant politique que militaire de leurs zones respectives, mais sont également vitaux dans les relations économiques transfrontalières, en particulier avec la Chine.

Le premier ministre chinois Wen Jabao, lors de sa visite en Birmanie, n’a pas manqué de souligner que son pays n’accepterait pas un nouveau conflit le long de la frontière chinoise (un conflit avait éclaté en août 2009 dans la région Kokang, provoquant l’afflux de plus de 30.000 réfugiés en Chine). La junte a alors annoncé lors d’une réunion avec le groupe Wa (UWSA) que la question BGF sera gelée jusqu’aux élections. Si la perspective d’une reprise du conflit semble s’éloigner, la question ethnique n’en demeure pas moins éludée, ce qui pourrait avoir deux graves conséquences.

La première est que le pays continuera d’être fragmenté, politiquement et économiquement. La junte et la commission électorale vont très certainement décider de suspendre la tenue du scrutin électoral dans les zones de cessez-le-feu en invoquant les lois électorales (qui permettent notamment d’arguer le manque de sécurité comme raison pour annuler les élections à l’échelle locale). Cette décision exclurait une partie du pays et de ses citoyens du processus politique et perpétuerait une situation d’instabilité et de fragmentation.

L’autre conséquence sera l’intensification des activités d’espionnage et de pression sur les leaders ethniques, avec des impacts très négatifs sur les violations des droits de l’homme, déjà massives et généralisées dans les régions peuplées de minorités ethniques.

01.07.2010

De la pleutrerie à la responsabilisation: le pas que doit franchir l'Union Européenne dans le dossier birman

2010 est une année importante pour la Birmanie. Tout d'abord, c'est l'année du vingtième anniversaire des élections législatives de 1990, remportées haut la main par le parti démocrate birman (NLD). Le parlement n'a pourtant jamais siégé en raison de la non-reconnaissance des résultats par la junte militaire qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1962. La plupart des élus démocrates ont été arrêtés, emprisonnés et torturés. 2010, c'est aussi l'année du vingtième anniversaire du prix Sakharov pour la démocratie et contre l'oppression dont Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix et leader de la NLD, fut lauréate en 1990. Aung San Suu Kyi a eu 65 ans cette année et est, à l'heure actuelle, toujours assignée à résidence dans son pays. Elle aura ainsi été privée de liberté quatorze des vingt dernières années. Mais 2010 c'est surtout une année d'une importance historique pour l'avenir de 57 millions de birmans puisque les généraux birmans ont décidé d'organiser un simulacre d'élections dont l'objectif est de pérenniser « légalement » leur influence.

Le processus électoral programmé par les généraux birmans ne s'annonce ni libre ni équitable car il empêche la constitution de toute opposition crédible. Aung San Suu Kyi ainsi que nombreuses autres personnes de l'opposition sont ainsi frappées d'inéligibilité par la promulgation de récentes lois électorales (State Peace and Democracy Council Law No. 1/2010 et State Peace and Democracy Council Law No. 2/2010). Le 29 mars 2010, la NLD a annoncé que les conditions de participation imposées par ces lois électorales ne permettaient pas au parti de prendre part activement au processus électoral. Cette décision est lourde de conséquences: les lois électorales prévoient en effet que tout parti n’ayant pas signifié son adhésion au scrutin doit cesser d’exister ! Ainsi, le 7 mai dernier, la NLD d’Aung San Suu Kyi, ce parti qui porte depuis 20 ans, pacifiquement, l’espoir de l’écrasante majorité des birmans qui croient au changement, a été dissout.

Dans cette perspective, l'Union Européenne (U.E.) – dont la Belgique assurera la présidence tournante jusqu’en décembre 2010 – doit s’affirmer en soutenant les démocrates birmans et en adoptant une position ferme par rapport aux généraux. Au regard du contexte actuel, quatre grandes priorités devraient impérativement être défendues par l’U.E.:

1. Sommer la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, y compris d’Aung San Suu Kyi;

2. Soutenir la mise en place d'une commission d'enquête internationale sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par le régime birman et dénoncés dans le récent rapport publié par M. Quintana, rapporteur spécial des Nations Unies sur les Droits de l'Homme;

3. Exiger la cessation immédiate des attaques quotidiennes contre les minorités ethniques ainsi que le maintien de l'aide humanitaire et le renforcement de la protection des camps de réfugiés installés à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie;

4. Rejeter la farce électorale qui devait être organisée à la fin de l'année par la junte militaire, en conformité avec la décision prise le 29 mars 2010 par le parti d'Aung San Suu Kyi;

Le mouvement démocratique birman repose tout particulièrement son espoir sur l'action européenne car un véritable changement ne peut concrètement s’apprécier qu’à travers des signes d’ouverture significatifs dans le chef des généraux. Or, force est de constater que la situation ne cesse de s’empirer de jour en jour pour la majorité de la population confrontée aux exactions de l’armée birmane. Afin de sensibiliser nos élus à leurs conditions de vie dramatiques, Actions Birmanie a accompagné quatre de nos parlementaires lors d’une traversée clandestine de la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie en mars dernier (reportage de la RTBF accessible au lien suivant: http://www.rtbf.be/info/monde/birmanie/birmanie-au-coeur-de-lopposition-a-la-dictature-210183). Dès leur retour, en raison de l’urgence de la situation, ceux-ci ont interpellé conjointement notre ministre des affaires étrangères, Steven Vanackere, pour que la Belgique, dans le cadre de sa présidence de l’U.E., joue un rôle de premier plan dans la définition de la politique européenne commune sur la Birmanie à un moment charnière pour l'avenir de ce pays.

« Si vous croyez aux lutins, aux elfes et aux trolls, vous pouvez croire qu’il y a un processus de démocratisation en Birmanie »

P.S. Pinheiro (Précédent Rapporteur Spécial de l’ONU sur les Droits de l’Homme)

22.06.2010

MANIFESTATION A L’OCCASION DU 65ème ANNIVERSAIRE D’AUNG SAN SUU KYI

Environ 150 personnes ont participé à la manifestation organisée par Actions Birmanie et Amnesty International Belgique francophone (www.aibf.be) devant l’ambassade de Birmanie.

Plusieurs Elus Pour la Birmanie étaient présents lors de cette action qui aura permi de dénoncer une nouvelle fois les violations systématiques des droits de l’homme en Birmanie ainsi que la détention illégale d’ASSK. 

Il a été demandé en particulier que la Belgique place les quatre priorités suivantes à l’agenda de sa future présidence européenne :

- libération immédiate de tous les prisonniers politiques, y compris d’Aung San Suu Kyi ;

- mise en place d’une commission d’enquête internationale sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par le régime birman et dénoncés dans le récent rapport publié par M Quintana, rapporteur spécial des Nations Unies sur les Droits de l’Homme;

- rejet de la farce électorale qui devrait être organisée fin d'année par la junte militaire au pouvoir, en ligne avec la décision prise le 29 mars dernier par le parti d'Aung San Suu Kyi;

- cessation immédiate des attaques et exactions commises par l'armée birmane contre les minorités ethniques, maintien de l'aide humanitaire aux camps de réfugiés installés à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie et renforcement de leur protection.