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09.07.2012

Situation dans l'Etat Rakhine (Arakan)

Les événements récents survenus dans l'Etat Rakhine (Arakan), à l’Ouest de la Birmanie, ont des causes multiples qui doivent être pris en compte.

 

Toutes les parties, cependant, s’accordent sur le fait qu'il est primordial de clarifier la situation concernant les lois sur la citoyenneté et de les appliquer correctement.

 

Aung San Suu Kyi a déclaré en Norvège le 18 juin dernier: « Si nous avions une vision claire quant à savoir qui sont les citoyens du pays, en vertu des lois sur la citoyenneté, nous n'aurions pas alors à soulever le problème récurrent accusant certaines personnes de ne pas appartenir au Bangladesh et d'autres à la Birmanie. »

 

La Loi sur la Citoyenneté de 1982, initiée par le Général Ne Win, n'est pas compatible avec la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), ni avec les obligations légales de la Birmanie en vertu des traités internationaux. Elle a arbitrairement déchu nombreuses personnes de leur droit à la nationalité birmane.

 

La Loi sur la Citoyenneté de 1982 devrait être abrogée et remplacée par une nouvelle loi basée sur les principes fondamentaux des droits de l'Homme. Cette nouvelle loi devrait respecter l'égalité et les principes de non-discrimination, et ainsi aider à créer une Birmanie ouverte et tolérante.

 

La loi devrait se conformer aux obligations de la Birmanie envers la Convention internationale des droits de l'enfant des Nations Unies, dont elle est signataire. L'article 7 de cette Convention stipule :


1. L'enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et être élevé par eux

2. Les États parties veillent à mettre ces droits en œuvre conformément à leur législation nationale et aux obligations que leur imposent les instruments internationaux applicables en la matière, en particulier dans les cas où faute de cela l'enfant se trouverait apatride.

 

La nouvelle loi devrait également être conforme à la DUDH, dont l'article 15 stipule :

 

1. Tout individu a droit à une nationalité.

2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de    changer de nationalité.

 

Nous invitons le gouvernement birman, la Ligue nationale pour la démocratie, ainsi que tous les partis politiques de Birmanie à soutenir l'abrogation de la Loi sur la citoyenneté de 1982, et à demander à ce qu'elle soit remplacée par une nouvelle loi basée sur les principes des droits de l'Homme et de l'égalité, en particulier en ce qui concerne les obligations internationales en vertu de l'article 7 de la Convention internationale des droits de l'enfant, ratifiée en 1991.

 

Nous demandons aux Nations Unies, à nos propres gouvernements, ainsi qu'au reste de la communauté internationale de manifester leur soutien pour l'abrogation de la Loi sur la citoyenneté de 1982, et pour  qu'elle soit remplacée par une nouvelle loi qui se base sur les principes des Droits de l'homme et de l'égalité. Les gouvernements et les Nations Unies devraient également encourager les partis politiques de Birmanie à soutenir cette réforme, et apporter une aide technique et un soutien, au besoin, à la rédaction d'une nouvelle loi.

 

La Convention internationale des droits de l'enfant des Nations Unies est consultable sur :

http://www2.ohchr.org/english/law/crc.htm#art7

 

La Loi birmane sur la citoyenneté de 1982 est consultable sur :

http://www.unhcr.org/refworld/docid/3ae6b4f71b.html

 

 

Organisations signataires : 

Actions Birmanie

Altsean-Burma

Asia Pacific Solidarity Coalition (APSOC),

Asian Forum for Human Rights and Development

Association Suisse Birmanie

Burma Action Ireland

Burma Aktion

Burma Campaign Australia

Burma Campaign UK

Burma Info (Japan)

Burma Justice Committee

Burma Partnership

Chin Human Rights Organization

Christian Solidarity Worldwide

ESP-Stockholm

Initiatives for International Dialogue (IID)

International Federation for Human Rights (FIDH)

Info Birmanie

Institute for Asian Democracy

Inter Pares

Norwegian Burma Committee

Odhikar

Open Society Institute

People's Forum on Burma (Japan)

People in Need

Restless Beings

Swedish Burma Committee

The Arakan Project

United to end Genocide

US Campaign for Burma pour Actions Birmanie,

 

Pour Actions Birmanie -

Benoît Bourtembourg -

Pierre-Yves Gillet - 

Benjamin Mine -  

Communiqué_Birmanie_Situation dans l'Etat Rakhine.pdf

03.05.2012

Déclaration des membres et observateurs du réseau européen pour la Birmanie - 2 mai 2012

L’ouverture politique actuelle a conduit l’Union européenne à réviser sa position commune à l’égard de la Birmanie et à suspendre la quasi-totalité des sanctions qui avaient été imposées au pays. 

La suspension de ces sanctions va de pair avec l’intérêt grandissant que manifestent les entreprises européennes d’investir et de faire des affaires en Birmanie. 

Le commerce et les investissements dans les pays en voie de développement peuvent contribuer à l’amélioration du bien -être des populations locales, à la fois par  la création d’emplois et par les revenus versés au gouvernement pour financer les services publics. Toutefois, l’absence d’Etat de droit en Birmanie ne permet pas d’affirmer que les investissements étrangers profiteront à la population, à la création d’écoles et d’hôpitaux, en raison du caractère peu transparent, redevable et démocratique des autorités birmanes.

Téléchargez le document complet ci dessous

AB_EBN_BIRMANIE_INVESTISSEMENTS_20120502.pdf

01.05.2012

Communiqué de presse du Groupe de travail sur l'environnement en Birmanie (BEWG)

Le 22 mars 2012, une coalition d’organisations birmanes appelées le Groupe de travail sur l'environnement en Birmanie (Burma Environmental Working Group (BEWG) a publié des critères de références  sur la question des investissements en Birmanie dans les domaines énergétiques, des industries extractives et du secteur foncier pour servir de cadre à des investissements responsables dans ces secteurs de premier plan. La publication de ces critères intervient à un moment clé puisque les démocraties occidentales envisagent d’assouplir ou de supprimer les sanctions économiques à l’encontre de la Birmanie, et les entreprises et différents pays manifestent un intérêt accru pour investir dans le pays, en dépit d'un contexte d'investissement à haut risque. Le respect de ces critères de référence augmentera la probabilité que les investissements dans des secteurs historiquement liés à des violations des droits de l'homme et à des abus environnementaux bénéficieront à la population et ne porteront pas atteinte aux progrès politiques, sociaux et environnementaux de ce pays émergent du Sud-Est asiatique. L’augmentation des investissements depuis les années 1980, provenant notamment des pays voisins avides de ressources naturelles, y compris à travers la création de zones économiques spéciales (ZES) - a favorisé l’éclosion de violents conflits, entraîné des violations des droits de l'homme à l’encontre des communautés locales, menacé leurs moyens de subsistance traditionnels et leurs modes de vie, et causé des dommages irréparables sur l'environnement.

 

Téléchargez le document ci-dessous.

BEWG_INVESTISSEMENTS_FR.pdf

15.04.2012

Le groupe Total devenu une arme de corruption massive

Le Monde, 13 avril 2012

par Eva Joly, candidate EELV à l'élection présidentielle

Christophe de Margerie, je n'ai pas le plaisir de vous connaître. En tant que PDG de Total, vous évoluez dans un milieu, le pétrole, qui n'est pas le mien. Mais vous n'en influencez pas moins ma vie de tous les jours et celle de millions de gens enFrance et dans le monde. Vous polluez les rues des villes où je respire, vous empoisonnez les côtes de l'Atlantique où j'aime vagabonderVous soutenez des régimes, en Birmanie ou en République duCongo, que je combats. Bref, nos chemins se croisent mais pas pour le meilleur.

Alors qu'une scandaleuse décision de la Cour de cassation pourrait annuler votre condamnation, les habitants des côtes de Bretagne et de Vendée sont encore sous le choc provoqué par la marée noire de l'Erika le 12 décembre 1999 : des dizaines de milliers d'oiseaux mazoutés, des plages souillées, le tourisme décrédibilisé, des milliards de dégâts. Elle laisse une population encore traumatisée par ce qu'elle considère, à juste titre, comme une agression contre son territoire et son identité. L'Erika n'est pas un accident. De l'affréteur au donneur d'ordres, de l'armateur au bureau de recrutement, tous sont responsables et coupables... Y compris vous. La moitié de la flotte internationale, tous transports confondus, navigue sous pavillon de complaisance du Panama, de Malte, desBahamas, du Liberia ou de Chypre.

C'est la chaîne de la souffrance humaine où des marins venant de pays surexploités sont asservis dans des bateaux rouillés qui vont dégazer et s'échouer sur nos côtes. Ces crimes ne vous empêchent pas, bien au contraire, de continuer à vous enrichir. Les Français savent que Total affiche chaque année les plus gros profits jamais réalisés par une entreprise française. Le bénéfice atteint, pour 2011, plus de 12 milliards d'euros.

Dans le même temps, Total payera seulement 300 millions d'euros d'impôts sur les sociétés en France, soit à peine 2,4 % de ses bénéfices ! En 2011, le groupe n'avait pas payé d'impôts sur les sociétés, car ses activités françaises étaient "déficitaires" ! Pourtant, vous n'hésitez pas à licencier vos salariés sacrifiés comme à la raffinerie de Dunkerque ou à vous dégager de vos responsabilités dans des accidents industriels, comme celui d'AZF à Toulouse en 2001.

Les prix flambent, les profits aussi, mais les peuples trinquent. Mais vous vous obstinez à continuer dans cette voie sans issue jusqu'à la dernière goutte de pétrole. Aujourd'hui vous n'arrivez pas à stopper la fuite de gaz sur la plate-forme Elgin, en mer du Nord. Au Canada, mais aussi au Venezuela et àMadagascar, Total investit dans la manière la plus chère et la plus sale de produire du pétrole : les sables bitumineux. Au Canada, l'exploitation des sables bitumineux a déjà détruit 3 000 km² de forêts.

Mais vous n'êtes pas seulement redevable de comptes sur vos crimes environnementaux. Vous êtes poursuivi pour complicité d'abus de biens sociaux, corruption et complicité et recel de trafic d'influence, pour corruption d'agents publics étrangers en Irak, en Iran ou au Cameroun. La première entreprise de France est devenue une arme de corruption massive. La corruption est intrinsèque à l'exploitation du pétrole depuis la naissance de cette industrie.

Pratiques douteuses

Les commissions occultes, les pots-de-vin au grand jour, le financement politique sont des spécialités qui ont permis de structurer une industrie qui repose sur le pillage des matières premières et les échanges inégaux avec des Etats du Sud. Au lieu d'investir dans la recherche des énergies renouvelables, vous avez gaspillé votre temps et votre énergie à garder et à conquérir des parts de marché et des zones de forage partout dans le monde, au mépris de la vie des peuples concernés. Je m'intéresse à Total depuis longtemps. Dans une autre vie, le procès de Roland Dumas et d'Alfred Sirven m'avait instruite sur les pratiques du groupe pétrolier Elf, qui a été absorbé depuis par votre groupe.

Face à vos pratiques douteuses, noires comme la couleur de votre pétrole, nous devons en finir avec l'impunité des entreprises de criminels en col blanc. Il faut en France créer un pôle environnemental au sein de la justice, chargé de regrouper l'ensemble des affaires concernant les entreprises qui commettent des délits et des crimes écologiques. Nous devons aussi créer une organisation mondiale de l'environnement, dotée d'un pouvoir de sanction, et instaurer, au sein de la Cour pénale internationale, une section jugeant les crimes écologiques pour réprimer le type de délinquance dont vous vous rendez coupable.

Vous ne pouvez continuer à bénéficier de l'impunité totale. Le seul principe que vous appliquez dans la réalité, c'est le principe de complaisance qui consiste à masquer sa responsabilité derrière une irresponsabilité fabriquée de toutes pièces et garantie par l'Etat. Je vous oppose les principes de responsabilité et de précaution. Un mot nous sépare : l'éthique. Mais ce seul mot crée un fossé entre votre monde, celui d'un Madoff planétaire de l'environnement, et le mien.

 

Article disponible au lien suivant: http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/13/le-groupe-total-devenu-une-arme-de-corruption-massive_1685250_3232.html

13.04.2012

Aung San Suu Kyi est élue mais dans l'Etat Kachin la guerre se perpétue

 

Dans l'Etat  Kachin, au nord de la Birmanie, les élections n'ont pas eu lieu. Elles ont été annulées pour des raisons de sécurité car la guerre continue entre les forces gouvernementales et les rebelles Kachin.

Là où aucune agence d'aide ni aucun journaliste n'est autorisé à se rendre, Sue Lloyd Roberts (reporter) and Tony Joliffe (cameraman) de la BBC ont réussi à accéder à cet zone interdite pour réaliser ce reportage édifiant.

 

Pour voir le reportage de la BBC, cliquez sur le lien ci-contre: http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-17613247