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05.09.2013

Spirale des violences interreligieuses : le gouvernement doit mettre un terme à l’impunité

Les violences contre les musulmans de Birmanie se propagent dans le pays : le 24 août une nouvelle explosion de violences a entraîné la destruction d’au moins une vingtaine de maisons, d’une dizaine de commerces et d’une usine, dans la région de Sagaing.

La police n’est pas parvenue à contenir la foule qui, de plus en plus incontrôlable, a continué à tirer avec des lances pierres, d’incendier et de détruire les maisons, usine, et magasins des musulmans.

Les violences ont commencé après l’arrestation d’un musulman soupçonné de tentative de viol sur une bouddhiste, dans le village de Kanbalu. Des centaines de personnes, dont des moines bouddhistes, s’étaient rassemblées devant le poste de police où il était retenu, pour demander à ce qu’il leur soit livré. Face au refus des forces de sécurité, la foule de plus en plus nombreuse s’en est pris aux biens des musulmans.

En réaction à cet événement, le moine Wirathu, bouddhiste radical et leader du mouvement nationaliste et islamophobe 969, a commenté sur sa page Facebook « Les kalars sont des fauteurs de troubles. Quand il y a un kalar quelque part, il y a forcément un problème aussi». Le mot «kalar», est un terme péjoratif, qu’il utilise pour qualifier les Rohingyas quand il ne s’agit pas de « chiens » ou de « sous hommes », comme on l’entend aujourd’hui dans le pays.

Malheureusement, cet événement, n’est pas un cas isolé. En 2012, plus de 200 personnes auraient été tuées (un chiffre officiel qui sous-estime largement la réalité) et au moins 140 000 personnes ont dû fuir les violences menées par les bouddhistes. Tout au long de l’année 2013, les violences contre les musulmans se sont propagées dans tout le pays, notamment dans la région de Mandalay, dans l’État Shan, et au nord de Rangoun. Le pays a aussi été marqué par une campagne de haine contre les musulmans, qui représentent 4% de la population mais qui sont considérés comme une menace pour l’identité birmane.

Les autorités birmanes ont montré leur incapacité à contenir cette violence, et ne semblent pas employer les moyens nécessaires pour les prévenir. L’attaque du convoi de l’envoyé spécial des Nations unies pour la Birmanie le 19 août, illustre ce manque de volonté. En visite officielle en Birmanie, Tomas Ojea Quintana devait se rendre dans un camp de réfugiés regroupant 1600 musulmans déplacés par les violences de mars dernier, mais bloqué par une foule hostile de plus de 200 personnes à Meiktila, il n’a jamais pu l’atteindre. « L’Etat a manqué à son devoir de me protéger » a-t-il déclaré, après l’événement.

Pendant son séjour, Tomas Ojea Quintana, a exprimé ses préoccupations à plusieurs reprises quant aux discriminations subies par les musulmans de Birmanie.

« Ma préoccupation principale est que la séparation et la ségrégation des communautés de l’Etat d’Arakan ne cesse de s’accentuer, cela rend tout retour de la confiance difficile », a-t-il ajouté.

Il a déclaré que les restrictions de mouvement et de liberté des musulmans des camps de déplacés internes, étaient toujours en place et que dans les camps, notamment celui de Sittwe, un grand nombre de personnes vivaient dans un espace confiné, enfermées par des barbelés et des gardes armés. Il a ainsi dénoncé les conséquences d’une telle situation sur les droits fondamentaux des personnes, et souligné leur difficulté d’accès à l’éducation, la santé, et aux moyens de subsistance.

« Je dois souligner l’obligation du gouvernement d’agir immédiatement pour contrôler la violence et le débordement des foules, et de protéger tout son peuple, sans distinction de religion ni d’origine ethnique ».

Les violences meurtrières se propagent de façon alarmante, visant à présent toutes les communautés musulmanes de Birmanie, et non plus seulement les Rohingyas.

Selon Info Birmanie « le gouvernement birman a échoué à protéger les populations vulnérables, et a instauré une culture de l’impunité extrêmement dangereuse qui entraîne de nouvelles violations des droits de l’homme. Le gouvernement birman doit mettre en place une enquête indépendante et des poursuites à l’égard des auteurs de ces terribles attaques et employer les moyens nécessaires pour protéger les populations vulnérables et les groupes marginalisés. »

Info Birmanie, appelle en outre le gouvernement birman à suivre les recommandations de M. Quintana et à coopérer pour faire cesser les campagnes de haine et les pratiques discriminatoires.

Source : www.info-birmanie.org

 

12.08.2013

De sérieux manquements d'information dans les rapports des entreprises américaines qui investissent en Birmanie

Le gouvernement américain doit s'assurer que les investisseurs américains se plient aux conditions du mécanisme de rapport de leurs activités - Actions Birmanie co-signe une lettre au Président Obama

Joint Letter to President Obama on Burma Investment Reporting Requirements.pdf
Joint Press Notice Open Letter to Obama on Burma Investment August 12, 2013.pdf

08.08.2013

Communiqué d'Info-Birmanie : 25 ans après le massacre d’août 1988

A l’occasion du 25ème anniversaire des manifestations de 1988, Info Birmanie appelle le gouvernement birman à reconnaître les atrocités commises durant des décennies de dictature militaire et à diligenter une enquête pour tenir pour responsables les auteurs de ces abus.

Le 8 août 1988, des manifestions massives en faveur de la démocratie, ont eu lieu dans toute la Birmanie, menées par les étudiants et les moines. Face au soulèvement populaire, l’armée répondait par la répression, causant la mort de 3000 personnes ainsi que des milliers d’arrestations.

Selon Info Birmanie : « Rien n’a été fait pour que justice soit faite : aucune prise de responsabilité, aucun processus allant dans le sens de la vérité et de la réconciliation ».

Thein Sein continue de nier les violations des droits de l’homme perpétrées dans le passé et sous son mandat et soutient une constitution antidémocratique qui garantit l’immunité judiciaire à tous les membres du gouvernement, pour les crimes perpétrés dans le passé.

Le 30 mars 2011, lors de son premier discours au Parlement en tant que Président, et plus de 20 ans après le massacre des étudiants des manifestations de 1988, Thein Sein a affirmé qu’  « en 1988, la Tatmadaw (l’armée birmane) ¬¬a sauvé le pays de la détérioration des conditions dans différents secteurs et a reconstruit le pays. »

En 2013, quand journaliste de la télévision française lui demanda s’il regrettait ce qu’il s’était passé durant les années de la dictature, Thein Sein, refusait toujours de condamner le comportement de la junte militaire sous la dictature : « De notre point de vue nous avons agi pour le bénéfice du peuple. L’opposition peut penser que nous avons mal agi mais à notre avis c’était pour le bien de la population. Donc c’était une bonne politique. Personne ne peut dire qui a eu raison ou qui a eu tort.»

L’anniversaire des manifestations de 1988 nous rappellent ainsi que les actions passées n’ont pas été  expiées et que les violations passées restent ignorées. « Le gouvernement birman dit vouloir apprendre des erreurs du passé, mais comment est-ce possible s’il ne reconnait pas ses fautes »  a déclaré Info Birmanie. « Il est grand temps qu’il soit mis face à ses responsabilités et qu’il mette en œuvre un véritable processus de réconciliation nationale ». Sans cela, la réforme politique et la fin des violations des droits de l’homme ne seront pas possible.

La communauté internationale doit exhorter le gouvernement birman à admettre la culpabilité de la junte militaire, et à mettre fin au rôle prédominant de l’armée,  notamment en entamant une réforme constitutionnelle.

Enfin, la communauté internationale doit prendre conscience, qu’en dépit des réformes, de sérieuses violations des droits de l’homme continuent d’être perpétrées en Birmanie depuis que Thein Sein est président.

Contact presse :

Célestine Foucher

0762806133

03.07.2013

Empêchons un génocide en Birmanie

Avaaz appelle à agir au plus vite car la survie des Rohingya ne tient aujourd'hui qu'à un fil. Les appels à l'extermination des personnes appartenant à cette minorité se multiplient tandis que les violences commises à l'encontre s'intensifient.

"Les génocides se produisent quand personne ne réagit à leurs signes avant-coureurs, comme ceux que l’on voit aujourd’hui en Birmanie. Les Rohingya sont un peuple très pauvre et pacifique. Ce qui leur est reproché? Avoir une couleur de peau plus sombre et «voler les emplois» du reste de la population. Ces 800 000 personnes pourraient être exterminées si nous n’agissons pas. Nous avons abandonné trop de peuples. N’abandonnons pas les Rohingya" (Source: Avaaz.org)

Agissons pour empêcher la survenance d'un génocide à l'encontre de la minorité Rohingya en Birmanie en signant maintenant la pétition d'Avaaz:

https://secure.avaaz.org/en/we_said_never_again_c/?bYWXhab&v=26520

 

04.04.2013

Aung san Suu Kyi : en finir avec l'idôlatrie

Pour lire l'article, cliquez sur le lien suivant : http://blogs.mediapart.fr/blog/frederic-debomy/030413/aung-san-suu-kyi-en-finir-avec-lidolatrie