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14.09.2017

Déclaration du Réseau Européen sur la Birmanie concernant la crise Rohingya

La réaction de l’Union Européenne sur la situation dans l’Etat d’Arakan est totalement insuffisante et inappropriée.

Les membres du Réseau européen pour la Birmanie sont profondément préoccupés par la réponse totalement insuffisante de la communauté internationale face aux violations des droits de l'homme et humanitaires qui ont lieu en Birmanie.

Madame Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union pour les Affaires Étrangères et la Politique de Sécurité et Vice-Présidente de la Commission européenne, a publié une première déclaration le 6 septembre, presque deux semaines après le début de la crise, puis une seconde le 11 septembre. Aucune de ces déclarations ne mentionne le nom des Rohingya. Le Service Européen pour l'Action Extérieure n’a pas non plus condamné explicitement l'armée birmane pour les attaques contre les Rohingya dans son dernier communiqué, déclarant simplement: « Les forces de sécurité participant aux opérations en cours ont le devoir de faire preuve d'un maximum de retenue et de protéger les civils non armés. Il est urgent que les tensions, de toutes parts, s'apaisent et que le droit international relatif aux droits de l'homme soit pleinement respecté »

Les événements actuels en Birmanie constituent probablement la pire crise humanitaire des droits de l’Homme mais aussi la pire crise humanitaire causée par l'homme, que le pays a connu depuis des décennies.

En seulement trois semaines:

• Les chiffres officiels indiquent que des centaines de personnes ont été tuées par les militaires.  Des sources fiables parlent de 4 500 morts, d’autres de plus de 8 000 morts.
•  Plus de 35 000 habitations de familles Rohingya et 140 villages auraient été détruits.
•  Selon les estimations de l'ONU, 370 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh depuis le 25 août. Au moins 100 000 sont peut-être encore en Birmanie après avoir fui leur domicile.
• Plus de 40 000 Rohingya sont piégés dans zones montagneuses, sans nourriture, ni médicaments, ni abris.
•  La population se voit refuser une assistance vitale.
•  Des rapports indiquent que l’organisation Rohingya (ARSA- Arakan Rohingya Salvation Army) cible les populations Arakanaises et Hindoues, mais aussi que des Arakanais attaquent des villageois Rohingya.
• Le gouvernement et leurs porte-paroles continuent de nier les abus qui se produisent et exacerbent les tensions.
• Le gouvernement et ses porte-paroles accusent à tort les ONG internationales et les Nations Unies d'aider les « terroristes ».
• Des témoignages récents indiquent que des enfants sont brûlés vivants et mentionnent des cas de torture et d'autres violations des droits de l'homme.

L'Union Européenne doit cesser d'émettre de simples déclarations qui n’ont aucun impact et doit mettre en œuvre des actions concrètes pour aider à la cessation des attaques contre les Rohingyas. Il est tout à fait inacceptable que l'Union Européenne ne nomme pas les Rohingya par le nom de leur groupe ethnique lorsqu’elle se réfère à eux, alors même qu’ils sont victimes de terribles persécutions. L'Union Européenne doit maintenant utiliser ses pouvoirs pour faire pression sur le Commandant-en-chef birman des Armées, le Général Min Aung Hlaing, à travers plusieurs canaux.


L'Union européenne et ses Etats membres devraient:

  •  Instaurer une pression diplomatique publique et privée sur l'armée birmane
  • Adopter une position commune interdisant l’approvisionnement de l’armée birmane en tous types d'équipements et fournitures et mettre fin à tous les programmes de formation et de coopération avec les militaires
  • Soutenir et travailler à la mise en place d'un embargo des Nations Unies sur les armes à l’encontre de l'armée birmane
  • Émettre une interdiction de visa pour les militaires haut-gradés, à l'exception de leur venue pour des réunions spécialement consacrées aux droits de l'homme et à la démocratie
  • Soutenir une résolution d'urgence sur la situation en Birmanie au Conseil des droits de l'Homme  des Nations-Unies
  • Réinstaurer la résolution sur les droits de l'homme de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la Birmanie
  • Fournir des fonds supplémentaires pour répondre aux besoins des réfugiés au Bangladesh

Tout engagement avec l'armée birmane doit être un engagement critique.
L'Union Européenne devrait également préciser au gouvernement birman que tout soutien et coopération futurs seront conditionnés à un changement majeur de politique envers les Rohingyas.


Signataires:

Actions Birmanie
Association Suisse Birmanie
Burma Action Ireland
Burma Campaign UK
Burmese Rohingya Organization UK
Christian Solidarity Worldwide
Info Birmanie
Norwegian Burma Committee
Olof Palme International Center
Society for Threatened Peoples – Germany
Swedish Burma Committee


Lien vers la déclaration  du  Service européen pour l'action extérieure (SEAE) :

https://eeas.europa.eu/headquarters/headquarters-homepage/31894/d%C3%A9claration-de-la-haute-repr%C3%A9sentante-de-lunion-et-vice-pr%C3%A9sidente-de-la-commission-mme_fr

https://eeas.europa.eu/delegations/myanmar-burma/31921/statement-hrvp-mogherini-latest-developments-rakhine-state-myanmar-and-border-region_en

EBN Declaration sur la crise Rohingya_FR.pdf
EBN Statement on Rohingya Crisis_EN.pdf

28.08.2017

Déclaration d'Actions Birmanie suite aux violences dans l'Etat Rakhine -

Déclaration d'Actions Birmanie  suite aux violences dans l'Etat Rakhine -

Les effroyables événements récents dans l'état de l'Arakan ne font que confirmer l'extrême urgence d'un traitement au plus haut niveau international de la crise dans cet état.

En octobre 2016, un groupe récemment constitué qui se fait appeler l’ARSA – Arakan Rohingya Salvation Army, armée Rohingya– avait attaqué trois postes de frontières avec le Bangladesh, faisant neuf victimes du côté des forces de sécurité. Suite à cela, l’armée birmane – la Tatmadaw – s’était emparée de la question pour lancer une vaste opération de « nettoyage » dans le nord de l’État d’Arakan, ou vivent en grande majorité les civils Rohingya. Des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées et les violations de droits de l'homme étaient si patentes que plusieurs organisations internationales ont publié des rapports basés sur des témoignages de certains des 75 000 réfugiés Rohingya alors au Bangladesh, dénonçant les différentes formes de violations des droits humains par les militaires.

Les Nations Unies ont ensuite formé un groupe de travail dans le but d'enquêter sur de possibles crimes contre l'humanité.
Mais dès le lendemain, le gouvernement birman s’en est dissocié. Depuis, il refuse de coopérer, argumentant que ce n’est pas approprié à la situation, et que cela risquerait d’alimenter les tensions intercommunautaires. Ce raisonnement semble fragile étant donné la situation similaire que nous vivons aujourd'hui.

Vendredi 25 août 2017, des attaques simultanées – revendiquées par l’ARSA – d’une vingtaine de postes de police et d’une base de la Tatmadaw ont entrainé de violents combats qui ont fait au moins 89 morts, dont 12 du côté des forces gouvernementales de sécurité.
Depuis, la zone est verrouillée par les militaires, comme ce fut le cas pendant près de quatre mois entre octobre 2016 et janvier 2017.
« La situation est aujourd’hui très critique car aucune solution ne se profile pour les Rohingya, qui se voient dans l’obligation de fuir les exactions de l’armée birmane qui ne fait aucune différence entre les populations civiles et les insurgés. Ils sont nombreux à se retrouver bloqués à la frontière, car le Bangladesh avait renforcé la sécurité le long de ses frontières la semaine passée, alors que la présence militaire des forces armées birmanes avait augmenté significativement juste avant les attaques », explique Pierre-Yves GILLET, de l'association Actions Birmanie-

Ces événements démontrent que dans une Birmanie que l'on dit en transition démocratique, les militaires continuent d’agir en toute impunité, sous les ordres du Commandant en chef des armées Min Aung Hlaing.
De tels actes menacent gravement la transition démocratique ainsi que les perspectives de paix en Birmanie.

Alors qu’un nettoyage ethnique est en cours, que les populations civiles Rohingya craignent pour leur vie dans l’État d’Arakan à chaque instant, il est crucial que le gouvernement birman réagisse immédiatement.
Afin de ne pas laisser la situation s’envenimer comme en octobre dernier, Actions Birmanie appelle la Belgique à réagir fermement, en exhortant la Birmanie à :

1) Coopérer avec la mission d’établissement des faits mandatée par les Nations Unies lors de la 34e session du Conseil des Droits de l’Homme et permette aux enquêteurs de faire leur travail

2) Ouvrir l’accès à toute la zone nord de l’État d’Arakan pour que les aides humanitaires puissent parvenir aux populations qui en ont besoin et les médias afin de garantir un accès à l’information indépendant

3) Suivre dès à présent les recommandations de la Commission d’enquête menée par Kofi Annan, particulièrement quant à la reconnaissance de la citoyenneté des Rohingya

Pour Actions Birmanie -
Pierre-Yves Gillet -  32(0)495 252.488 -
pierre_actionsbirmanie@skynet.be
Benoît Bourtembourg -
Benjamin Mine -

20170828_AB_statement_Rohingyas.pdf

11.11.2015

Think Burma Is a Democracy Now? Think Again

Pour lire l'article, cliquez sur le lien : http://www.huffingtonpost.com/mark-farmaner/burma-election-democracy_b_8505384.html?utm_hp_ref=world

21.10.2015

Inauguration Chaire Aung San Suu Kyi Démocratie, Cultures & Engagement

Lors de la venue d’Aung San Suu Kyi à Louvain en octobre 2013, une réflexion était née afin de prolonger un engagement pris lors de l’octroi de son doctorat honoris causa en 1998 et de traiter de manière universitaire les questions soulevées au travers de son engagement. Le projet de la "Chaire Aung San Suu Kyi  Démocratie, Cultures & Engagement" en est le résultat, avec le soutien financier de la Fondation Louvain.
 
Cette Chaire se veut ouvrir un espace de réflexion pour traiter de questions centrales dans la construction des savoirs au service du projet démocratique : comment tenir ensemble les idéaux et la réalité de l’engagement, des idéaux universalistes et des spécificités culturelles, l'action non violente dans un monde violent, le rapport entre la théorie et la pratique, … Pour plus d’informations sur le projet de la Chaire, voir site en construction : http://www.uclouvain.be/chaireassk
 
Voici une initiative, qui est ouverte à vos propositions et idées d’activités.
RSVP via un simple clic : http://www.uclouvain.be/chaire-assk
 
Pour toute info complémentaire : chaireassk@uclouvain.be

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08.06.2015

Etat Kachin : 4e anniversaire de la reprise des hostilités.


56 Solidarity Groups Worldwide Call for an Immediate Halt to All Military Offensives in Northern Burma/Myanmar and Unhindered Provision of Aid to Hundreds of Thousands of IDPs

(8 June 2015) On the fourth anniversary of the renewed war in Kachin State, 56 groups worldwide issued a
statement standing in solidarity with the Kachin people by calling on the Burma Army to immediately halt all offensives in Kachin and northern Shan States and for the Burma/Myanmar Government to allow humanitarian agencies immediate and unhindered access to all internally displaced persons (IDPs) affected by the ongoing conflict. Since the Burma Army breached the 17-year-old ceasefire agreement with the Kachin Independence Army (KIA), over 120,000 people have been displaced, mostly along the border with China.

 “The IDPs have been suffering from a shortage of humanitarian aid, as well as restrictions to aid delivery, which is being blocked by the Government,” said Khon Ja, a member of the Kachin Women Peace Network. “Not only is there a need for a substantial increase in humanitarian aid, the Government must end its policies of inflicting further suffering on the IDPs who are the most vulnerable; there needs to be a stronger commitment to preserve their dignity.”

Despite the humanitarian emergency and the need for more food, shelter, and medical supplies, the restriction on movement of humanitarian agencies in northern Burma has made it difficult to provide sufficient aid to the IDPs. Further exasperating this situation is the expected cuts in aid beginning this month. While the IDPs have been receiving a paltry sum of 12,500 kyat (11.00 USD) per month, starting June 2015 they will receive half that amount as community based organizations (CBOs) struggle with funding and other necessities to meet the needs of the increasing number of IDPs.

In addition, the IDPs’ living conditions will potentially decline as the rainy season begins, with expected increases in dengue fever and other life threatening diseases putting their lives at further risk. Without sufficient medical supplies and a lack of adequate sanitation and nourishment, tens of thousands of people, including children, women and the elderly, are facing dire conditions without access to necessary humanitarian aid.

Meanwhile, Burma Army offensives are continuing unabated, including airstrikes from fighter jets just days after the text of the Nationwide Ceasefire Agreement (NCA) was signed in March 2015. “While there is much attention on the signing of the NCA draft text and the Government is being lauded for that, it is impossible for the 120,000 IDPs to share this same optimism as they continue to suffer from military offensives and abusive policies of the Burma Army,” said Khin Ohmar, Coordinator of Burma Partnership. “In addition to calling on the Burma Army to halt all offensives in ethnic areas, the international community needs to immediately urge the Burma Government to allow humanitarian agencies unhindered access to all IDP camps, and these agencies need to work with local CBOs to ensure that there is sufficient humanitarian assistance that is effective in meeting the needs of the IDPs.”

Statement - Solidarity Groups Call on 4th Anniversary of Renewed War in Kachin State - FINAL.pdf